Les jeux sont faits, la politique est morte lit-on parfois.

Toutes les décisions à prendre, celles de la gestion quotidienne comme celles qui engagent l’avenir de l’humanité aussi bien que celui de ses communautés seraient désormais soumises aux lois de l’économie.

Si c’était vrai, il n’y aurait plus rien à dire, plus rien à espérer.
Il resterait seulement la question de savoir qui doit gérer l’inéluctable.

Comme la gestion entraîne l’enrichissement, c’est peut-être pour cela qu’il existe autant de blogs politiques.

La concurrence est rude.
Déjà, il faut tenir compte que chaque homme politique se doit de disposer d’un blog.
Rien qu’en France et seulement pour l’Assemblée nationale, ça devrait chiffrer dans les six cents organes.

Mais il n’y a pas seulement les élus, il y a ceux qui voudraient l’être et la foule de ceux qui se mêlent de ce qui, au fond, les regarde aussi.

Il y a les adorateurs du pouvoir en place et de l’ordre établi, il y a ceux de l’opposition, il y a les critiques qui se voudraient objectifs mais qui finissent par se découvrir des préférences.

Il y a les râleurs chroniques, il y a les opportunistes dont le seul but est de faire commerce de leurs analyses, il y a les observateurs postés à une altitude stratosphérique (les philosophes).

il y a ceux qui se contentent de répercuter les informations et ceux qui s’attachent à une personnalité ou à un parti soit pour encenser soit pour démolir, il y a ceux qui traitent le sublocal et ceux qui ne s’intéressent qu’à l’international, ceux qui se cantonnent à un domaine précis comme la finance, le social ou l’Internet …

Et chaque blog a un ton, une manière d’exprimer et de décoder la réalité des faits.

Au final, il y a autant de tons qu’il y a de blogueurs et de sujets : c’est une vision de l’infini, certes partielle mais tout de même vertigineuse.

Un blog politique peut se vouloir indépendant et finir par se retrouver engagé.
Les exemples foisonnent de blogueurs qui ont été amenés à se dévoiler dans une sorte de coming out politique.

Pour le blogueur, autant annoncer la couleur d’entrée de jeu, du moins s’il la connaît.

Choisis ton camp, camarade !
Le problème, c’est qu’il n’y a pas de cartographie des blogs politiques.
Impossible de rallier tel groupe ou tel autre.

Une recherche sur blog anarchiste de salon” ne donne rien.
Pas encore ! :)

Mais l’ambition est là : de la désinvolture affichée pour traiter des problèmes fondamentaux sans se focaliser sur un individu ou un parti.

La politique, ce n’est pas seulement décider qui a le droit de s’enrichir en exerçant le pouvoir.

La politique, aujourd’hui, c’est oeuvrer contre ce qui est présenté comme inéluctable.

C’est un travail pour les Technos mais aussi pour les poètes et pour les artistes.

Et justement, du côté des poètes, Ferré a beau être mort, ses textes restent debout.

Et qui ne connaît Renaud Séchan, Alain Bashung, Cabrel, l’équipe de Noir Désir et son Un autre jour en France ?

Et quelle âme fraîche n’éprouverait-elle une affection particulière pour Damien Saez qui dès 2002 produisait Fils de France (en téléchargement gratuit sur son site damiensaez.com, audible directement sur youTube ) et qui nous a gratifiés depuis de différents textes bien inspirés dont l’exceptionnel Jeunesse lève-toi (dont l’orthographe de la transcription est imparfaite mais c’est l’intention qui compte).

Ça dort tellement bien, la jeunesse :)
Et ça rêve d’une éternité de puissance, de richesse et de gloire.
Les réveils sont souvent très durs, d’autant plus qu’ils arrivent tard, d’où l’utilité de les provoquer.

Ces poèmes s’inscrivent dans une tradition de révolte de la jeunesse.
On n’a pas oublié le Working class Hero de John Lennon …
Dylan, Joan Baez et d’autres ont influencé la mentalité citoyenne à coup de protest songs, la part des troubadours n’est pas mince dans la rectification des voies de la politique.

Les rêves et les utopies sont toujours présents dans l’âme des citoyens et, parfois, ils s’imposent au réalisme.

Certains diront qu’il s’agit d’un créneau commercial qui en vaut d’autres, que les bardes sont récupérés et gagnent de l’argent en crachant dans la soupe.

On dira que les jeunes idéalistes finissent par s’assoir à la table des nantis, que le besoin de sécurité finit par primer et que les compromissions viennent avec l’âge et l’expérience.

Et que notre population étant en voie de vieillissement rapide, il est normal que le système tout entier se replie dans la résignation.

L’essentiel n’est pas là mais dans la perpétuation des idéaux de paix et de liberté rivés au coeur de chacun.

La poésie n’est pas l’apanage des chansonniers.
Les Technos de l’Open chantent aussi, en sourdine.
Les émules du plombier de Brazil sont aujourd’hui légions.
Et les autres artistes sont toujours là, et il s’en lève chaque jour un peu plus.

La poésie libertaire est partout, en chacun, il suffit de la réveiller.
Elle s’exprime rarement à l’Assemblée, même chez les soixante-huitards non retraités.

Chaque citoyen est poète au fond de lui, cette fibre ne peut lui être arrachée, ni par la souffrance ni par la peur.
On peut l’acheter un moment, calmer ses aspirations à coup de gadgets, lui faire remplir ses armoires d’objets inutiles, lui faire croire que le bonheur c’est d’avoir comme le dit Souchon.

Mais dès que la manne se raréfie, la conscience revient.
De l’autre côté de la misère, les impitoyables exploiteurs finissent, parfois sur le tard, parfois trop tard pour eux, toujours trop tard pour leurs anonymes victimes, par réaliser la portée de leurs actes.

Tout le monde peut redevenir adepte de l’humanisme, même à la dernière seconde de sa vie.

C’est le réveil le plus tardif qui soit.

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