L’Irlande a donc dit “non”, et même un “Non !” péremptoire au projet de Constitution européenne édulcoré en “Traité de Lisbonne”.

Parmi ceux qui se réjouissent du non irlandais, il faut faire la distinction entre les souverainistes et ceux qui veulent plus de social dans le cocktail européen.
On lira, ou on a déjà lu, que ce “non” marque la peur de perdre un peu d’indépendance.
On lira, ou on a déjà lu, que la campagne pour le “non” a peut-être été orchestrée par ceux qui ont intérêt à ce que l’Europe ralentisse sa construction.

On fera le nécessaire pour décrédibiliser la lucidité du peuple, pour insinuer qu’il a été manipulé.

Mais cela ne modifiera en rien le résultat du scrutin : “Nil”, c’est “Non !” en gaélique.

Il est probable que les raisons de ce non ne sont pas les mêmes que celles qui ont présidé au projet de Constitution 1.0 en France et en Hollande.

Mais le rejet montre que la Constitution light, ou Constitution 2.0, ou Projet de Constitution pour les stupides a échoué.

Les Irlandais n’ont pas de souci à se faire : la question leur sera reposée jusqu’à ce que le “oui” l’emporte.
C’est une question de temps et de révision des conditions nécessaires pour pouvoir les consulter à nouveau.

Et le oui finira par passer dans ce sanctuaire du libéralisme qu’est l’Irlande.
Ou alors c’est qu’il se sera produit quelque chose d’étrange, peut-être la compréhension qu’il n’y a pas de réponse, dans le projet, à la question du lambda :

Qu’est-ce que moi et les miens vont gagner de concret dans l’application de ce machin illisible ?

C’est pourtant tout simple à comprendre : le projet est un contrat et on ne signe pas un contrat si on n’en tire pas un avantage quelconque.
Un peu comme si le libéralisme économique avait gagné la chose politique jusqu’à ses tréfonds - les électeurs - et se heurtait à sa propre logique de réalisme.

Peut-être bien que le citoyen est en train de sortir de son cocon d’idéaux divers et instinctifs et de muer en froid actionnaire social.

Ce serait un résultat paradoxal du processus de libéralisation que de voir ainsi les principaux concernés rééquilibrer l’impact de la fiction financière en y prenant la part qui leur revient.

Dans l’attente, quelque chose va se passer qui ne mobilise pas encore les rédactions mais qu’il s’agit de préparer soigneusement : les élections européennes.

C’est pour juin 2009 et il s’agira de renouveler le parlement européen.

Il est à espérer que les électeurs se souviendront qu’un des motifs principaux du rejet du projet de Constitution européenne a été l’inquiétude suscitée par la directive Bolkestein.

Il est souhaitable que quelqu’un publie la liste nominative des députés européens qui ont signé cette directive.

Afin que les électeurs qui sont du mauvais côté du manche économique sachent qui a travaillé sans tenir compte d’eux et puissent voter en conséquence.

2 réponses

  1. chiendent a écrit :

    Pourquoi les
    les services financiers
    et les services et réseaux de communication électroniques
    ne sont-ils pas concernés par l’application cette
    directive Bolkestein ?
    Je ne sais pas si c’est correct ma source est la wiki dans le paragraphe dérogations.
    Bravo à l’Irlande pour son courage et sa détermination.
    Peut-être arriverons nous à rééquilibrer l’impact de la fiction financière un jour mais dans combien de temps? Le choc de la révolution industrielle ne s’est pas résolu (si il l’est) sans mal, la mutation actuelle est sans doute encore plus dure.

  2. Machiavelle a écrit :

    Il est à espérer que la solution de facilité ne sera pas appliquée par les Autorités Compétentes : lancer l’Europe dans une guerre qui inféodera l’économique au politique et fera passer les revendications sociales pour des problèmes de luxe.

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