Dans le bon vieux temps où la place ne manquait pas, une des sanctions qui pouvait être prise à l’égard des trublions était le bannissement.
A vrai dire, le système plaît bien aux gens : Hors de ma vue, fils/femme/membre indigne de la communauté !
Le banni pouvait continuer à vivre librement, mais autre part.
Ce système est tellement pratique qu’il a été adopté très tôt sur l’Internet, d’abord dans les forums et dans les tchattes.
C’est facile, efficace et rapide pour éjecter quelqu’un de la communauté.
Il manquait un bannissement total pour satisfaire à la soif d’exclure qui habite certains.
Qui aurait imaginé que l’idée pourrait naître d’exclure qui que ce soit de l’Internet tout entier ?
Hé bien ça y est, quelqu’un en a eu l’inspiration !
C’est en lisant ce matin l’article de Jean-Baptiste Soufron sur ZDNet.fr Loi HADOPI, “création et internet” : Un projet disproportionné beaucoup plus répressif que la simple « riposte graduée » revendiquée que j’ai réalisé l’étendue de la menace.
Jusque là, j’avais pris les prémisses de répression du rapport Olivennes pour une sorte de voeu pieux destiné à rassurer les majors des industries pillées.
Un machin qui ne passerait pas le stade de la gesticulation politique.
Mais là, ça se précise et il semble qu’il sera réllement possible de priver quelqu’un de son droit à la connexion.
L’article de Jean-Baptiste Sufron étant bien étayé, je n’en rajouterai pas.
Par contre, c’est l’occasion de faire remarquer que le droit à la connexion n’existe tout simplement pas.
Mince, on avait oublié de l’inscrire dans la Constitution, ce droit-là.
A moins qu’on puisse l’amalgamer à un article quelconque de la DDHC, cette loi pourrait bien passer.
Au contraire du banni classique, le banni 2.0 n’aura plus droit à aucune vie sur l’Internet.
Il n’y a pas qu’en France : en Angleterre aussi ce type de sanction est à l’ordre du jour : Grande-Bretagne : la pression monte pour couper Internet aux pirates (22 février 2008).
Les motifs sont on ne peut plus raisonnables : il s’agit de lutter contre le piratage de certaines productions.
Mais les motifs légitimes servent souvent de prétexte à des ambitions moins nettes.
Dans un contexte démocratique et hyper-technologique, on pouvait espérer que soient élaborées des solutions moins suspectes.
Ce qui est à craindre, c’est que, le principe de couper une connexion et d’une liste noire contraignante inter-FAI étant pris, les motifs de la coupure puissent être étendus sans consultation des assemblées législatives, sans débat démocratique fût-il de pure forme.
Par contagion sécuritaire et logique économique, l’Europe risque de devenir un modèle de censure.
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Sympa et hors-sujet : un service online qui transforme un texte en un nuage de mots colorés.
juin 20th, 2008 at 13:18
Je me pose une question : l’indépendant (fautif bien sûr) qui travaille et télécharge quelques fichiers sur le net, s’il est privé de connexion, comment fait-il pour travailler ?
Car il se retrouve privé de réseau pour une action (fautive soit) mais il perd en même temps son outil de travail…
Peut-on parler de “double peine” ?
Touchera-t-il des allocations pour compenser son chômage technique ?
juin 20th, 2008 at 13:34
Il s’agit de rester logiques et constructifs pour toutes les parties concernées, c’est une question d’équité.
Dans ces conditions, des solutions peuvent être imaginées, par exemple celle qui suit.
Cette peine de déconnexion ne remplacera pas celle qui suivra du fait des poursuites des auteurs lésés ou de leurs représentants. Si la vente forcée de son patrimoine ne suffit pas, l’indépendant en question devra continuer à travailler sur le Web mais sa production servira à éponger sa dette. Ce ne sera qu’ensuite qu’il sera définitivement coupé. Il faut rester humain. Et aussi, pour rester branché le plus longtemps possible si on est fautif, posséder un minimum et gagner peu. Un style de vie
Mais n’anticipons pas …
juin 21st, 2008 at 7:51
PCinpact.com décortique le projet en un dossier critique très complet : La loi Hadopi et la riposte graduée pour les nuls.
juin 23rd, 2008 at 13:30
La conséquence sonnante et trébuchante devra être la prise d’un pack de sécurité (ex: neuf pour 5 euros de plus par mois) autant de moins pour le pouvoir d’achat et cela ne protégera pas forcément des petits pirates qui vous entourent (pour nous il y en a potentiellement une cinquantaine et ils
connaissent les moyens les plus élaborés pour arriver à pirater les connections). Les fournisseurs d’accès doivent se réjouir.
juin 23rd, 2008 at 15:17
Il faudrait un label sur les packs de sécurité (approuvé dans le cadre de la loi Hadopi) pour les distinguer des packs de sécurité classiques (Antivirus + Pare-feu + Anti-spyware + Anti-spam
+ Anti-phishing + Contrôle Parental).
juin 23rd, 2008 at 20:57
Un label AB sécurité
Il y aura toujours des trous énormes pour laisser passer les intrus astucieux: des membres de mon ex-équipe travaillent sur la sécurité des protocoles cryptographiques et quoiqu’on fasse …. Le malheur est que certains scientifiques font croire
au père Noël : ils faut bien obtenir de l’argent pour les projets.
juin 23rd, 2008 at 23:35
Oui, c’est pour cette raison que c’est au gouvernement de faire le nécessaire pour apposer un label sur les logiciels de sécurité conformes à la loi “Création et Internet” ; et pour que ce label reste à jour. Parce que, les packs de sécurité actuels ne protègent pas contre des intrusions sur le WiFi, par exemple.
Il ne faudrait pas qu’ils s’imaginent qu’il suffit de promulguer une loi pour que les logiciels existent compatibles avec tous les systèmes d’exploitation, présents et à venir, supportés par les fournisseurs d’accès.
juin 23rd, 2008 at 23:52
On appelle ça une homologation, il me semble.
“L’homologation est la certification conforme d’un produit à une norme, ou une réglementation. En d’autres termes l’homologation garantit au consommateur que le produit qu’il achète correspond à ce qu’il est en droit d’en attendre.”
juin 24th, 2008 at 8:42
Les internautes pourront peut-être surveiller les surveillants grâce à Google, c’est TOMHTML qui nous l’apprend sur Zorgllob.